Adrienne Polissonne

Après un showcase à la Boule Noire cet été (article publié le 5 novembre 2006, ndlr), Adrienne Pauly s’est produit lors d’un concert détonnant aux Primeurs de Massy alors que son album sorti le 16 octobre est très bien accueilli.

Premier album éponyme Adrienne Pauly

L’entrée sur scène d’Adrienne Pauly donne le la. Dans une tenue plutôt décalée (cheveux crêpés en bataille, manteau BCBG et lunettes noires façon masque), elle ouvre le concert sur « Vas-y viens », une chanson aux paroles voluptueuses dont le refrain laisse place à une instrumentalisation rock. Le titre laisse malheureusement un peu froid, il ne paraît pas être la façon la plus évidente de découvrir l’univers de cette chanteuse aux faux airs de Marla Singer, le personnage énigmatique joué par Helena Bonham Carter dans « Fight Club ».
Ceux qui pensaient découvrir une chanteuse à texte dans la veine de Pauline Croze ou d’Emily Loizeau se rendent très vite compte que la rock n’ roll attitude est bien là. Sentiment confirmé à l’écoute des paroles gouailleuses («L’amour avec un con », « J’veux un mec » ou « La fille au Prisunic »), titres dans lesquels beaucoup verront l’hygiaphone de femmes célibataires en mal de mecs, plus occupée à traîner dans les bars et à lever le coude, qu’à attendre le gendre idéal de leur maman. Ces « cartes postales trash », comme Adrienne Pauly les appelle, décrivent sans détours le quotidien des femmes célibataires et citadines et ont, on s’en serait douté, un air de vécu.

Adrienne Pauly étonne : désinhibée en mélodie, elle se donne sans mesure sur scène mais devient timidité lorsqu’elle s’adresse au public. Après quatre titres enchaînés sans intermèdes, elle nous confie avec la désinvolture d’un enfant que ces chansons montraient des gens désarmés qui rêvent à autre chose. Elle ajoute d’un air angoissé : « Ensuite, on se réveille et c’est l’atterrissage », conclusion désabusée qu’elle saupoudre en substance dans nombre de ses textes.

Contrairement à l’usage du moment qui fait que les chanteuses dites à textes jouent d’un instrument, Adrienne Pauly ne fait que chanter mais dans une énergie qui laisse pantois. Entourée de ses musiciens (guitare, basse, clavier et batterie), Adrienne Pauly interprète les chansons d’un timbre grave parfois poussé vers les aigus, et l’on peut reconnaître l’ancienne comédienne dans son expression scénique très libérée.

Comme si elle était seule dans sa chambre, elle tient son pied de micro penché, s’appuie dessus et n’a pas l’air de soucier le moins du monde de son enveloppe charnelle comme pourrait le faire Catherine Ringer ou même Björk. De ses talons hauts, Adrienne Pauly tape du pied sur les chansons, sautille quand le son s’emballe, crie et est même agitée de convulsions quand ça devient vraiment rock n’ roll. De temps à autre, elle semble dans un état lévitant, instants jubilatoires qui ont pu la pousser à consulter le conducteur scotché au sol indiquant l’ordre des chansons afin de retrouver le fil.

A la voir se donner sans compromis, on lui trouve des airs de Brigitte Fontaine, jamais en reste de la moindre loufoquerie. La scène réunira peut-être un jour ces deux artistes déjantées car Adrienne Pauly dit rêver de faire un duo avec la reine des kéké et l’on suppose plus qu’une pointe de persévérance dans cette longiligne jeune femme de 26 ans.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s