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Pour moi l’idéal pour faire un bon journaliste n’est pas de faire Sciences Po ni même les écoles de journalisme qui formatent les élèves. L’idéal, c’est la classe préparatoire littéraire qui apprend à formuler sa pensée et apporte de solides bases de culture générale.
On est ensuite armé pour faire différentes choses quand on a fait de telles études. Ca ouvre sur autre chose si on décide de changer d’orientation entre temps…

Le journalisme fait rêver beaucoup de jeunes, comme moi depuis mes douze ans, mais peu sont ceux à se sentir satisfait une fois qu’ils ont atteint leur but. Le métier est dur, on n’a pas le temps de faire du travail de qualité or il est indispensable d’être rigoureux quand on est journaliste. Je pense que ce métier était agréable à exercer jusqu’au milieu des années 90 mais depuis, la raison économique a pris le pas sur la qualité de l’information.

Il reste des exceptions chez les employeurs mais elles sont dures à trouver de manière durable. Une vie de pigiste n’est pas une vie. Un article de 1 500 signes est rémunéré 150 euros brut et il aura fallu bien plus d’une journée pour enquêter, rencontrer les personnes interviewées, rédiger. Cela ne comprend pas toutes les propositions d’articles faîtes à sa rédaction sur lequel le journaliste aura passé au moins une demi-journée et qui seront rejetées, ou pire ré-utilisées, pour la rédaction sans que le pigiste puisse l’écrire lui-même et donc gagner sa vie avec.

Après six années effectuées en tant que journaliste-enquêtrice dans des sociétés de production, avec précarité, 70 heures par semaine payées 40 et lutte d’influence entre journalistes dans les rédactions, j’ai choisi de ne plus vivre du journalisme. Ce rêve m’a habité depuis mes douze ans, j’ai beaucoup travaillé pour arriver à continuer dans cette branche.

A 29 ans, j’ai ressenti un grand épuisement et surtout, j’ai réalisé que l’entêtement ne me mènerait à rien. Aujourd’hui, un an a passé et je me sens beaucoup plus sereine.

Je serai toujours journaliste, c’est un réflexe qu’on garde toute sa vie mais j’aime trop ce métier pour en vivre d’une manière que je n’estime pas digne. J’ai exposé plus haut mes craintes pour les jeunes qui se destinent à cette profession, je leur souhaite d’arriver à accomplir leurs rêves malgré toutes les embuches. Je n’ai qu’un seul conseil à leur donner: faites les meilleures études possibles car il existe un après-le journalisme et celui-ci ne doit pas être sans avenir.

Je suis l’heureuse membre d’une association humanitaire dans laquelle j’ai trouvé “mes pairs”. Unis, nous nous efforçons de contribuer à monter chaque année une pièce de théâtre qui contribuera à payer 80 % des frais d’inscriptions d’étudiants boursiers bien loin de chez nous, au Haut-Karabagh.

SCRIBE-Paris a pour but de favoriser le développement durable au Haut-Karabagh, une république indépendante à majorité arménienne situé entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Nous montons chaque année une pièce de théâtre avec tout le sérieux d’une troupe que certains spectateurs ont déjà qualifié de “semi-pro”. Au printemps, quatre week-end de représentations drainent un public d’environ 1 000 personnes.

Ces spectateurs nous soutiennent dans notre action en effectuant un don à l’issue des représentations dans une urne qui passe. L’extrême majorité de ces dons, car nous réduisons au mieux nos frais de fonctionnement, va à la conduite de notre projet humanitaire: donner la chance à une vingtaine d’étudiants, sélectionnés sur critères sociaux, de s’inscrire à l’université de Stepanakert.

Comment nous aider ?

En venant à nos représentations et en relayant les dates de celles-ci pour que les salles soient combles et que ces urnes viennent apporter cette année, pour la onzième année consécutive, leur aide à des jeunes qui vivent dans une république indépendante ne bénéficiant d’aucune aide internationale.

Merci…

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