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Depuis que j’ai l’âge de regarder des films, c’est à dire sûrement avant tout le monde -mes parents n’ayant aucune idée de la norme- j’ai aimé les films d’espionnage. J’ai grandi avec les James Bond du jeudi soir sur FR3. Quand il y en avait un, on faisait un sacrilège: on zappait Envoyé Spécial pour voir le beau Sean se laver les mains de ses ennemis.

J’ai été voir L’Affaire Farewell de Christian Carion, je savais que c’était un film pour moi malgré les quelques doutes émis par ma copine maitre es Cinéma.

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L’Affaire Farewell raconte un fait historique. Un civil interprété par Guillaume Canet entre malgré lui en intelligence. Il n’est que la mule d’une taupe qui lui remet des documents à apporter aux hautes autorités françaises. La taupe est jouée par Emir Kusturica qui est impressionnant, un mauvais jeu de mots dira qu’il n’y a aucune fausse note…

Pierre, ingénieur expat à Moscou pense transmettre les informations en France lors de l’un de ses déplacements et s’arrêter là. En fait, il se trouve pris au piège de ses sentiments. Il lie une amitié avec l’homme qui joue sa vie pour lui remettre ces précieuses informations. C’est là que cela devient encore plus intéressant que le contrat qu’on pensait avoir passé à l’origine en entrant dans la salle: on découvre un film à plusieurs entrées… Ce ne sera pas que de la brute et du truand, il y aura aussi du bon sentiment.

J’ai aimé ce scénario bien ficelé, à la limite du compliqué sur la fin (ai-je vraiment compris..? Le DVD me le dira…). J’ai apprécié la profondeur des personnages et les relations entre les protagonistes qui sont bien tissées. On aime aussi les moments qui font appel aux images d’archives notamment la fameuse scène de Queen. Surprenante…

Je salue ce film, parce que Christian Carion n’a pas fait dans la facilité. Il a été jusqu’à cinq lieux de tournage différents. Pas besoin d’avoir fait une école de cinéma pour comprendre qu’il est toujours plus compliqué de faire un film avec plusieurs équipes techniques. Deuxième complexité: faire parler russe à un acteur français (Guillaume Canet a été très pro…). Troisième: choisir de raconter un fait historique datant de 1981, il faut donc penser costumes, décors et tout ce qui s’en suit. Un film historique ne peut pas être jugé avec le même prisme qu’un film lambda.

Le scénario a le mérite d’être complexe, en profondeur et il est aussi très bien construit car il nous emmène sur des fausses pistes: la maîtresse, le camion, l’agent double…Il y a un autre élément à saluer: la musique additionnelle composée par Clint Mansell. Pour ceux qui connaissent, ça rappelle les morceaux du groupe français Saycet ou le travail de Craig Armstrong. Une très belle partition pour ce film haletant.

Après 11 jours sans connexion à l’interface de WordPress, 11 journées de culpabilité à ne pouvoir prendre a couple of hours, comme les Anglosaxons savent si bien le dire, “Ghost days” de Syd Matters lancé et je me remets à l’écriture.

Non, ce n’est pas un jouet. Le genre qu’on vous offre quand vous êtes gamin, que vous attendiez depuis des mois (pour ce cas précis, cela se compte en années impaires) avec lequel vous jouez sans discontinuer pendant des jours et puis stop, c’est la lassitude… On passe à un autre.

Pour le coup, Mefait d’actu est très loin d’avoir cet effet-là sur moi. Déjà, parce que je ne suis pas du genre à me lasser, j’aime l’engagement, les convictions et ne supporte pas les papillons.

On sentira de la justification quand je dirai que je suis partie quelques jours dans un endroit paradisiaque où j’ai découvert la vraie vie en communauté, l’absence de besoins à combler. Où partage de nos talents et de nos expériences étaient vraiment mis en pratique, pas comme dans les grandes villes où, pour reprendre les paroles de Luc Plamondon dans Monopolis “De New York à Tokyo, tout est partout pareil… On prend les mêmes métros pour les mêmes banlieues (…)”.

Prendre le train du retour a été un vrai déchirement, de ceux qui ne sont pas si communs… J’ai eu du mal à revenir à ma vie d’avant… Je n’ai pas fait le tour du monde, je suis seulement partie trois jours dans un endroit où je faisais traverser en prame le Canal du Midi à des permanents des Glénans sous l’unique lumière du clair de lune dans le calme le plus rêvé… Où j’apprenais à naviguer et à gréer un bateau et où surtout utiliser mon téléphone était un énorme effort.

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Loin de son milieu naturel, on se change les idées mais on revient encore plus difficilement quand on a l’impression d’avoir vécu des choses spéciales là-bas, là où on se sentait si bien… J’ai dit vouloir revenir en novembre pour faire deux semaines de bénévolat en tant que maîtresse de maison de la base nautique mais le travail et la raison pourraient bien m’en empêcher…

Maintenant que j’ai repris le rythme, les heures passées à pianoter sur mon ordi chéri, les 45 mails échangés en douze heures avec la même personne et les 27 liens que je poste par jour sur Facebook, tout ça me paraît presque loin. Et pourtant, il y a une semaine, je passais la nuit à discuter avec des voileux de musique, de voile, de la vie. J’apprenais à les connaître et élargissais mes idées.

Comme toujours, le même établissement privé du quinzième arrondissement avec zéro mixité sociale pendant onze longues années, ça n’a pas vraiment aidé pour avoir les idées larges, ça donne juste un fameux bagage culturel qui nous “servirait pour plus tard”… Si seulement, ils savaient jusqu’où je suis arrivée avec mon bagage, eux qui me donnaient zéro chance en Terminale en me faisant passer le Bac en candidat libre…

Pas d’esprit de vengeance ou de réhabilitation, juste assez de hargne de quoi arriver à grimper et à ce qu’on me flatte par des “votre CV est impressionnant” ou “vous avez travaillé pour les plus grands”. Ca, c’est du vent mais quand on connaît son propre chemin parcouru, qu’on a l’intime conviction qu’on a fait tout ce qu’il fallait pour avancer dans sa vie professionnelle, on prend ça comme un bouquet de fleurs. C’est joli et ça sent bon à la réception puis ça fane….

Aujourd’hui, j’ai plusieurs brouillons à terminer, un article sur le taser et d’autres mais je ne sais pas quand sera le prochain moment de libre pour poster. J’espère très vite; cliquer sur nouveau billet, c’est … Savoir que je vais être lue et peut-être commentée est encore plus plaisant.

Pour lors, Un Voyageur sans bagages d’Anouilh m’attend. La troupe de théâtre dont je fais partie a sélectionné ce me semble-t-il très bon texte pour qu’on le joue cette année. D’ici mardi, je lirai un autre texte, ce qui me laisse peu de temps pour venir ici.

Demain, j’ai deux interview à passer pour le documentaire que je prépare et peut-être qu’à la fin de la journée, je pourrais me dire que j’ai trouvé une nouvelle histoire; ça, ça serait vraiment une bonne fin de journée. Le sentiment du devoir accompli, ça j’aime.

Je m’en vais avec ce même sentiment maintenant que je peux cliquer sur “publier”. Je regrette de n’avoir pas fait un article de fond, ni d’avoir parlé d’un artiste mais j’avais besoin d’exprimer ma culpabilité et de justifier mes absences…

“L’absence est le cuir à repasser de l’affection.”
Jean Louis Auguste Commerson, journaliste et écrivain français (1802-1879)

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